Comme il suffit de nous dire de ne pas y aller pour qu'on y aille...et pour ne pas suivre les bons conseils de "MAM", nous entrons au Mali le dimanche 13 février par le poste frontière de Gogui-Nioro du Sahel.
Il faut savoir que le Mali est l'un des pays les plus pauvres du monde et vit, pour une partie, du tourisme. Donc quand notre gouvernement déconseille à ses ressortissants, pour des raisons politiques et non réelles de risques, cette destination, il met encore plus en difficulté la population locale.
L'avantage est pour nous, que nous avons croisé peu de touristes.

 

 

 

 

   
Incroyable le nombre de mobylettes à Bamako!

 

  Nous prenons la direction de Bamako, la capitale, que nous atteignons deux jours plus tard.
Pour le coté "pratique" nous logeons dans un hotel proche de l'ambassade de Mauritanie, dans le quartier Hippodrome, au nord de la ville.
Nous obtenons nos visas mauritaniens, pour le retour, en une journée.
Pendant trois jours nous visitons la capitale : son grand marché, son marché des féticheurs où s'étalent des crânes de singes, des pattes de bestioles, des peaux, des poudres miraculeuses. Mais ils n'avaient pas autant de choix en crânes que Phil avec tous ceux qu'il a ramassés en cours de route!
Mais aussi, sa maison des artisans, et son musée national (très intéressant). Nous profitons des petits restaurants de rue, des bars et des supermarchés bien achalandés où nous avons trouvé une belle et bonne tranche de bavette (1,5 €) et des haricots verts frais à 1 € le kilo équeutés!

 

 

Nous avons fait connaissance d'un tatoueur de rue qui a laissé son bic à Phil pour faire l'esquisse sur son client.
Vu l'air réjoui de ce dernier, on ne sait pas s'il fait cette tête à cause du dessin ou de ce qui l'attend après, au regard du matériel utilisé...3 aiguilles attachées ensemble et pique pique pique à la main...

 

Les calebasses dans tous leurs états!

 

 

 

Les maisons sont essentiellement faites de pierres et de boue, accotées à un ou plusieurs greniers. Ces derniers, avec leur toit de chaume en forme de cône, reposent sur des fondations de pierres afin de protéger les récoltes.

 

Comment ne pas rentrer trop maigres cette fois-ci...
Apéro Pastis et cacahuettes! Pastis à 2,50 € le litre fabriqué en France et arachides à 1,50 € la bouteille recyclée.

 

 

 

 

Jeudi 17 février, nous sommes contents de quitter la pollution, la chaleur étouffante et les moustiques bamakois pour nous retrouver en brousse. Nous essuyons même quelques gouttes de pluie le lendemain sur la route.
Nous roulons plus à l'Est et arrivons à Djenné, l'une des plus vieilles cités d'Afrique Occidentale qui s'étend entre deux bras du Bani, un affluent du Niger. Nous devons donc emprunter un bac pour y arriver.
Nous sommes vite assaillis par les marchands ambulants et les guides plus que pénibles. Il faudra que Phil, excédé, en colle un au mur pour que nous puissions continuer à déambuler tranquilles dans le labyrinthe de ruelles.

 

 

 

La mosquée, le plus grand édifice au monde entièrement réalisé en "banco" : murs de briques de terre crue puis séchée, s'impose sur la place du marché.
Construite en 1907, elle est l'exacte réplique d'une mosquée plus ancienne érigée en 1280 sur ce même site et restée intacte jusqu'au début du XIXème siècle, puis laissée tomber en ruine par un souverain guerrier.
Les chevrons de bois qui dépassent des murs font partie de la structure et servent à soutenir les échafaudages utilisés pour le crépissage annuel. Ces travaux sont effectués à la fin de la saison des pluies, par près de 4000 volontaires, sous la direction de maçons professionnels.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Un peu plus au nord, nous découvrons Mopti. Située au confluent du Bani et du Niger et entourée de rizières, la ville vit essentiellement grâce au fleuve.
Son port très animé est très évocateur. Les pinasses (grandes pirogues, naviguant en général sur les fleuves, servant au transport de passagers et de marchandises) arrivent nombreuses pour y décharger leurs cargaisons. Des barres de sel en provenance de Tombouctou, du poisson séché, du bois, des poteries, des chèvres, des poulets...s'accumulent sur les berges.

 

Phil a mis son costume de vache (les mauvaises langues diront "sa peau de vache")
pour approcher le troupeau incognito